Le quad au Maroc le sport en liberté

Quad au Maroc dans le désertFaire du sport dans de grands espaces et laisser son corps s’exprimer devient de plus en plus difficile. Le monde moderne réduit peu à peu notre territoire de liberté. Le sport se conçoit maintenant dans une salle hermétique et bruyante. On entretient ou l’on croit entretenir sa forme physique en courant sur des papiers roulants ou en soulevant des poids judicieusement répartis pour travailler tel muscle plus qu’un autre. On rationalise, on découpe le temps, on se met même au régime, bio bien entendu, et on parle boulot en transpirant. La salle de gym devient aussi le dernier salon à la mode. Le standing de l’endroit détermine le statut social, on ne se mélange pas, on évolue dans un monde clos qui exclu toute forme de communication, la curiosité ne s’attache qu’à imaginer le compte en banque du voisin, qui pédale avec détachement, le brushing parfait, la tenue du dernier chic. Mais le sport ce n’est absolument pas ça.

C’est une médecine douce qui soigne autant le corps que l’esprit.

C’est investir l’espace, respirer à plein poumons, rire et chahuter comme des enfants. Hormis le sport pratiqué à un haut niveau, qui transforme souvent l’individu en machine de combat, faire bouger son corps doit être un plaisir. Courir en longeant le périphérique, en respirant les gaz d’échappements n’est en rien un plaisir. Planifier son agenda pour y inclure péniblement une heure d’activité fébrile autant qu’artificielle, sous des néons agressifs, pour ensuite grignoter une biscotte misérable et un yaourt tellement zéro que ce n’est plus un yaourt,  ne l’est pas non plus. Il existe pourtant des choix plus ludiques et meilleurs pour notre santé malmenée par le bruit, la technologie, le stress et j’en passe. Il suffit de le vouloir, de faire l’effort de l’envisager, de faire preuve d’imagination et d’un peu d’audace.

Pratiquer le quad dans le sud du Maroc est l’un de ces choix. Encore faut-il accepter de faire du sport pour de vrai comme dise les enfants. Fini le virtuel de la machine qui vous susurre que vous êtes excellent ou qu’il faut pédaler plus vite pour faire mieux qu’hier. Le quad au Maroc, c’est exactement ce qu’il faut pour se réconcilier avec soi-même, pour réapprendre à respirer, à s’agiter, et même à rire franchement plutôt que plaquer perpétuellement un rictus de bon aloi sur un visage figé. Le pays offre des espaces quasi illimités, des géographies d’une grande diversité, un ciel dégagé qui est vraiment de couleur bleue, un soleil complice, et enfin ce dépaysement nécessaire à toute décompression.

Pour les plus timorés, il suffit de penser que la tondeuse auto tractée familiale a subie des améliorations d’importance.

Le quad au Maroc, c’est rouler dans le vent, voir défiler des paysages magnifiques, sentir les odeurs délicates des plantes et des fleurs et faire des rencontres qui laisseront des souvenirs forts.

La machine elle-même, avec son look un peu pataud et rondouillard, donne déjà le ton. On ne part pas pour faire les 24H du Mans, on part pour savourer des vacances de liberté, pour se prouver qu’on en est capable et surtout pour s’amuser en se refaisant une santé physique et morale.

C’est quant même autre chose qu’une salle où tout est mécanique, où l’air est tellement filtré qu’il semble inexistant, où les seules senteurs qui flottent sont celles de la sueur du voisin et du tofu que l’on propose au restaurant diététique du club. Il est certainement mieux d’attendre six mois pour se défouler plutôt que de supporter cette navrante promiscuité vendue comme étant le nec plus ultra de la remise en forme.

La sensation de liberté, juste ça, vaut bien ce voyage, et la découverte d’un ailleurs participe aussi à ne pas sombrer dans cette indifférence courtoise qui est le signe que l’on est socialement parfaitement adapté. En chevauchant cette machine, en compagnie d’autres êtres humains, on se comporte enfin en être humain. Déjà la tenue vestimentaire n’est plus un signe de reconnaissance social.

Balade en quad au Maroc

Le short et le tee-shirt ont comme seule qualité leur confort, on peut les salir, les maltraiter, ou le déchirer, ils sont faits pour ça et uniquement pour ça. Ensuite les cheveux ne peuvent en aucun cas rester bien gentiment en place, au Maroc, il y a du vent et pour peu que l’on soit en haut d’un pic rocheux, ça souffle fort. Le langage que l’on utilise s’est débarrassé des scories à la mode, on redevient naturel. En plus le rire devient spontané et communicatif, sans jugement de valeur, face aux balourdises des uns et des autres. Le sport c’est ça, faire corps à nouveau avec soi-même et avec la nature environnante, se laisser porter par les évènements, sans aucun calcul.

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